prêle des champs

(Equisetum arvense) (Equisetacées)
Origine du nom latin :
Equisetum : Le nom botanique des prêles évoque leur ressemblance avec une queue de cheval (du latin equus, cheval, et saeta, crin).

Des empreintes fossilisées attestent de l’existence des prêles il y a plus de 250 millions d’années. Parmi elles, la prêle des champs a été reconnue au 1er siècle ap. J-C, en Grèce, par le naturaliste Pline l’Ancien (30-79 ap. J-C) et le médecin Dioscoride (40-90 ap JC) pour ses propriétés médicinales.

Au XVIIe siècle, en Europe, on utilisait la prêle des champs pour soigner les blessures et les inflammations cutanées, ainsi que pour traiter les calculs rénaux. Son emploi pour traiter les troubles de l’appareil urinaire est également signalé en médecine ayurvédique (médecine traditionnelle de l’Inde) et chez plusieurs tribus amérindiennes. La plupart de ces usages ont persisté jusqu’à aujourd’hui.

Comme en témoigne une de ses appellations communes – herbe à récurer -, la prêle des champs a souvent été utilisée pour récurer et pour polir les métaux et le bois. On attribue généralement cet usage à sa teneur en silice et en saponines. Dans certaines contrées, on avait également l’habitude d’en attacher quelques tiges à la queue des chevaux qui pouvaient ainsi mieux chasser les mouches qui les importunaient. Voilà donc d’où vient l’un de ses noms communs tant en français qu’en anglais (queue de cheval – horsetail).

Altitude : jusqu’à 2500 m.
Cycle de vie : vivace.
Habitat : talus, bord des chemins.
Tige : tige de 15 à 50 cm, à très petites feuilles verticillées formant une gaine.
Tiges fertiles apparaissant avant les tiges stériles (de mars à mai), brun pâle, non ramifiées, à gaines bordées de noir ; épi sporangifère de 2 à 4 cm de long ; tiges stériles vertes, plus grêles, parfois couchées, profondément sillonnées, portant plusieurs verticilles de rameaux dressés ou étalés et se prolongeant au-dessus du dernier verticille de rameaux.

Commentaires : plante produisant deux types de pousses ; fertiles et stériles.
La prêle est une plante qui est arrivée jusqu’à nous sans avoir subi ou presque de transformations depuis les ères géologiques les plus lointaines. C’est donc une plante primitive quant à ses aspects soit morphologiques, soit anatomiques.

Propriétés :
Tonique et reconstituant général
Renforce le système immunitaire
Pour le bon fonctionnement des os en facilitant l’absorption du calcium par l’organisme
Bénéfique pour tout l’état général des dents, des cheveux et des ongles
Aide en cas de problèmes de goutte
Aide à combattre l’arthrose, athérosclérose, et la déminéralisation en reminéralisant les os et les articulations
Aide à guérir plus rapidement les fractures et lésions osseuses diverses
Aide à contrôler l’hypertension, le diabète, la nervosité
Provoque la formation de globules rouges et aide ainsi à combattre certains cancers
Régularise le sébum

Utilisations officinales :
par voie interne, c’est un diurétique efficace ainsi qu’un bon hémostatique et un reminéralisant. Elle est précieuse lorsqu’il est nécessaire de faire augmenter le volume de l’urine [une augmentation jusqu’à 30 % a été constatée], dans l’hydropisie, les hémorragies de n’importe quelle nature [saignements du nez, hémoptysie, ulcères, etc.), dans les métrorragies, ainsi que contre les hémorragies des hémorroïdes et de l’utérus. Elle a aussi un effet astringent sur le système génito-urinaire qui s’avère efficace en cas de saignement, de cystite, d’urétérite et de prostatite
Elle exerce encore une action bienfaisante comme reminéralisant dans les cas de tuberculose et il ne faut pas oublier son action sur les organes producteurs de globules blancs et rouges ainsi que sa capacité de stimuler l’activité des cellules.

L’efficacité thérapeutique de cette plante est essentiellement due à sa haute teneur en silice qui aide à la régénération des tissus conjonctifs.
Cette plante également riche en potassium et en magnésium est particulièrement indiquée dans les cas d’ostéoporose.

Posologie :
En usage interne
Contre les problèmes rénaux, rhumatismes, obésité, ostéoporose, spasmophilie
Infusion : 2 à 4 g de plante sèche pour 20 cl d’eau bouillante. Laisser infuser 10 à 15 min. Filtrer. 3 tasses par jour.
Macération à froid : 2 à 4 g de plante sèche pour 20 cl d’eau froide. Laisser macérer 12 h. Filtrer. Boire en 2 fois dans la journée.
Poudre : 2 g, 3 fois par jourOuExtrait fluide : 25 gouttes dans un verre d’eau, 4 fois par jour.
En usage externe :Plaies qui guérissent mal
Décoction. Faire bouillir 10 g de plante séchée dans 1 litre d’eau durant 10 à 15 minutes. Filtrer, laisser refroidir et appliquer en compresses, plusieurs fois par jour.

Précautions d’emploi
La prêle des champs n’a jamais présenté à ce jour de toxicité et d’effets secondaires. A l’inverse de la prêle des marais (Equisetum palustre) qui, elle, est toxique. La prêle des champs reste déconseillée aux personnes très minces ou qui perdent facilement du poids. Enfin, elle est contre-indiquée chez l’enfant de moins de 6 ans et la femme enceinte ou allaitante.

Autres usages : Dans le jardin, la prêle est un excellent fongicide. On s’en sert en décoction ou en purin.

Recherches sur la prêle des champs
Usages reconnus. La Commission E allemande a approuvé l’usage médicinal de la prêle pour traiter l’oedème causé par un choc. Elle reconnaît aussi son usage comme draineur urinaire, en complément de l’absorption de beaucoup de liquides (thérapie d’irrigation) ainsi que pour traiter les infections et inflammations des voies urinaires et évacuer de petits calculs rénaux. La Commission E a aussi approuvé l’emploi de la prêle par voie externe pour favoriser la guérison des plaies qui cicatrisent mal.
On dispose de très peu de renseignements scientifiques sur la prêle des champs. On sait qu’elle contient de 5 % à 8 % de silice et d’acide silicique, des substances qui jouent un rôle dans la formation de tissus conjonctifs. Ce qui justifierait son usage pour traiter les oedèmes causés par un choc et pour accélérer la cicatrisation des plaies et des blessures1. Cet usage est également soutenu par un essai sur des souris selon lequel la plante a un effet antidouleur et anti-inflammatoire.
Les propriétés légèrement diurétiques de la prêle des champs sont attribuées à sa teneur en flavonoïdes et en saponines1,3. On dispose d’une seule étude clinique non contrôlée à ce sujet, qui indique que la plante peut augmenter le débit urinaire et prévenir les calculs rénaux4. Un essai plus récent, mené au Japon, indique qu’une préparation contenant 4 plantes, dont de la prêle des champs, a réduit certains des symptômes de l’hypertrophie bénigne de la prostate11.
Des chercheurs italiens ont testé un vernis à ongles contenant un dérivé de chitosane, du MSM et un extrait de prêle sur des patients atteints de psoriasis aux ongles. Ce vernis a nettement réduit plusieurs des symptômes des participants : stries blanches, déformations et fragilité des ongles12.

Usages traditionnels.
En plus des usages mentionnés ci-dessus, on se sert de la prêle des champs pour renforcer les ongles fragiles et les cheveux cassants, de même que pour prévenir la perte osseuse ou aider à la guérison des foulures ou des fractures. Là encore, la teneur en silice de la plante expliquerait ses propriétés thérapeutiques : cet oligo-élément joue un rôle important dans le maintien et le renouvellement des tissus conjonctifs et il faciliterait la fixation du calcium dans les os.
En Italie, le supplément Osteosil(®)Calcium, qui contient du calcium et de la prêle des champs, est utilisé pour traiter l’ostéoporose et les fractures. Au cours d’un essai mené dans ce pays auprès de 122 femmes ménopausées, la prise à long terme d’un extrait de prêle des champs ou d’Ostéosil®Calcium (540 mg par jour) a fait augmenter la densité osseuse des participantes de façon plus marquée qu’un placebo5. La méthodologie de cette seule étude clinique publiée est cependant de très faible qualité.
Selon le Dr Rudolf Fritz Weiss, la silice que renferme la plante participe également à l’action bénéfique que la tradition lui attribue pour le traitement de l’arthrite rhumatoïde et de l’arthrose. Elle agirait notamment sur l’oedème des membres inférieurs que peuvent provoquer ces maladies6.

Précautions
Attention
La prêle des champs renferme en très faible quantité un enzyme (la thiaminase) qui pourrait dégrader la thiamine (vitamine B1) en cas de consommation excessive, c’est-à-dire à des dosages très supérieurs à ceux mentionnés dans cette fiche.

Le Canada est le seul pays à exiger que les extraits de prêle offerts dans le commerce soient exempts de cet enzyme. L’effet antithiamine de la prêle n’a cependant pas été démontré chez l’humain. De fait, on a vu de telles réactions toxiques uniquement chez du bétail qui avait consommé une très grande quantité de prêle10.

Le fait de chauffer la prêle à 100 ºC suffit à désactiver la thiaminase. Les extraits du commerce sont également sans danger à cet égard, car ils sont préparés soit dans une solution alcoolique ou une solution alcaline : l’alcool ou un pH élevé désactive la thiaminase.
Ne pas confondre la prêle des champs avec la prêle des marais (Equisetum palustre) qui renferme des substances toxiques à faible dosage (alcaloïdes).

Contre-indications
La prêle séchée en poudre est à éviter chez les enfants, à cause de sa teneur élevée en silice inorganique. Des enfants ayant mâché des tiges de prêle ont eu des symptômes s’apparentant à une intoxication à la nicotine.
Femmes enceintes et qui allaitent.
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